Comparaison entre médiateur et facilitateur

Pourquoi comparer médiation et facilitation ? Les termes « médiation » et « médiateur » sont très fréquemment apparus lors de mes recherches bibliographiques sur la « facilitation » et le « facilitateur » (parfois même dans une utilisation conjointe). Approfondissant la question, ma motivation s’est renforcée, du fait du caractère « tiers » partagé par le médiateur et le facilitateur.

Finalement, cette comparaison s’est avérée particulièrement riche d’enseignements et de surprises. Voyons tout d’abord les arguments qui m’ont permis de confirmer la pertinence de cette comparaison. Puis je vous présenterai ce qu’elle nous apprend sur la facilitation. D’abord sur les savoir-faire et savoir-être du facilitateur en matière de gestion de conflit. Ensuite, sur l’existence d’une forme particulière de médiation, la « médiation environnementale » (aussi appelée « médiation territoriale »), dont l’étude a fait émerger une question : cette « médiation environnementale » est-elle de la facilitation stratégique de la gestion du vivant ?

Pourquoi comparer médiation et facilitation : le caractère « tiers » fonde la médiation

La médiation, comme la facilitation, s’adresse à des acteurs ayant besoin de (re)trouver des façons de communiquer, de comprendre et d’agir ensemble.

De plus, certains savoir-faire du médiateur, ainsi que des problématiques qu’il vit, se révèlent proches de ceux et celles du facilitateur : « Le médiateur […] articule l’empathie avec les parties, pour susciter la confiance autour du processus de médiation, avec une proximité instrumentalisée où il travaille à la disparition des incompréhensions entre les parties et à l’émergence d’un intérêt commun » (Grima, 2005)[1]. Elisabeth Volckrick (2007) explique que le médiateur doit faire preuve d’impartialité, doit favoriser la confiance, et qu’il intervient dans des situations complexes. Le médiateur, comme le facilitateur, accompagne la rencontre et la communication entre les acteurs, et sait s’effacer quand il le faut (nous reviendrons sur ces points dans le détail au sujet de la médiation environnementale, présentée ci-après). Fathi Ben Mrad résume les caractéristiques de la médiation (en comparaison avec la « conciliation » et l’ « arbitrage » notamment) de la façon suivante : « Dans cette perspective, nous montrerons que l’équité [via les « codes déontologiques » par exemple], la neutralité[2] et la responsabilisation [« en médiation, on a l’habitude de dire que le médiateur ne doit ni imposer son point de vue, ni défendre l’une des parties, mais s’appuyer sur leur responsabilité individuelle et les considérer comme de véritables acteurs pouvant trouver des solutions à leur conflit »] sont des principes récurrents et incontournables pour circonscrire le champ de la médiation par rapport aux autres modes de régulation. » (Ben Mrad, 2006)[3] Il ajoute que « ce sont leurs qualités humaines d’écoute et leur capacité à rendre la communication possible qui fondent leurs compétences » (Ben Mrad, 2006).

Tout ceci renforce l’idée que comparer médiation et facilitation est pertinent. Mais surtout, et c’est là le point le plus important, étudier la médiation m’a montré que ce qui est fondamental à son sujet, c’est qu’elle fait intervenir un « tiers », tout comme la facilitation.

En effet, je pensais au départ que ce qui caractérisait la médiation, c’était l’existence d’un désaccord, voire d’un conflit entre deux parties. Très souvent dans les textes, il est question de médiation dans une situation difficile d’un point de vue relationnel. De plus, certaines définitions sèment le doute, telles que celles du Petit Robert 2014. Ce dictionnaire définit en effet la médiation comme l’ « entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des partis », et définit le (la) médiateur/trice comme la « personne qui s’entremet pour faciliter un accord entre deux ou plusieurs personnes ou partis ». Parfois même, la médiation est clairement définie comme intervenant pour résoudre un conflit. Par exemple, dans le monde de l’entreprise, Grima (2005) la définit comme une « procédure de règlement pacifique des conflits du travail dans les relations sociales ».

Mais une étude plus approfondie de la question nous a révélé une autre réalité : ce qui fonde la médiation, ce n’est pas le conflit, c’est le caractère « tiers » du médiateur.

On peut lire ainsi :

« Le médiateur est généralement défini comme « un tiers » neutre, indépendant et impartial, sans pouvoir de décision, qui s’efforce d’aider les parties à construire ou à gérer leurs relations sociales. […] Le statut de ce tiers est important : il est au creuset de la doctrine fondatrice de la médiation et […] il la démarque des autres dispositifs de résolution des conflits et de négociation libres. » (Volckrick, 2007)[4]

Le caractère tiers définit la médiation et la différencie d’autres dispositifs, tels que la négociation (« la négociation peut se passer de la présence d’un tiers alors qu’elle fonde le processus de médiation » (Volckrick, 2007)) ou la conciliation (« la médiation contemporaine repose sur le tiers extérieur, sinon on doit parler de conciliation » (Guillaume-Hofnung, 2005, p. 3)).

En fait, il existe différentes formes de médiation. Faisant toutes intervenir un « tiers », elles peuvent, ou non, répondre à un besoin de résolution de conflit.

J’ai noté aussi lors de mes recherches que pour le médiateur, comme pour le facilitateur, le caractère tiers est incarné dans une personne, mais cela ne suffit pas. Il doit être respecté tout au long du processus comme dans son résultat, sous la forme d’un non-jugement et d’un non-arbitrage : « La médiation est ternaire dans sa structure et dans son résultat. Sans le troisième élément, la médiation n’existe pas. Le tiers ne doit pas être un trompe-l’œil ou le mandataire d’un des médieurs, car dans ce cas on retomberait dans le binaire. Le troisième n’est pas toujours un tiers. Cette caractéristique fondamentale la distingue de la négociation et de la conciliation qui peuvent faire l’économie du tiers. […] la médiation ne se contente pas d’être ternaire dans sa structure, elle l’est aussi dans ses résultats. Ce qui la distingue radicalement de la justice qui, si elle est, comme la médiation, ternaire dans sa structure grâce au juge extérieur au conflit et indépendant des parties, elle est binaire dans son résultat : […] la mission de la justice lui fait obligation de trancher. » (Guillaume-Hofnung, 2005, p. 71)[5]

Médiateur et facilitateur partagent donc ce point commun fondamental qu’est le fait d’être un acteur « tiers ». Voyons maintenant ce que la comparaison du médiateur et du facilitateur nous apprend sur ce dernier.

Si on ne fait pas appel à lui spécifiquement pour cela, le facilitateur doit savoir gérer les conflits

Même si la présence d’un conflit ne fonde pas la médiation, elle y est souvent associée. Comparer médiation et facilitation m’a donc naturellement amenée à m’interroger sur la place du conflit dans la facilitation.

Le facilitateur peut être amené à gérer des conflits entre acteurs, car les situations dans lesquelles ceux-ci se trouvent sont souvent problématiques et relatives à des enjeux importants. Par exemple, lors la mission menée en Martinique, des tensions fortes existaient entre les acteurs. Les professionnels reprochaient à l’État des normes qui étouffaient leurs activités, et aux medias des articles dans la presse qui manquaient de précision et leur faisaient du tort. Certaines associations étaient remontées contre les acteurs de la banane, estimant qu’ils s’enrichissaient sur la santé des Martiniquais (ce que n’arrangeaient pas les récents événements de cercosporiose noire, maladie qui amenait les producteurs de bananes à demander à l’État des dérogations pour faire des épandages aériens de produits de traitement). Tout cela dans un contexte où le clivage entre « békés » et locaux est encore très marqué (d’autant que les grands exploitants de la banane sont issus de ces familles de « békés »). Lors des entretiens confidentiels, il n’est pas besoin, pour le facilitateur, de gérer ces tensions, puisque les acteurs ne sont pas en présence. Mais lors des réunions (restitutions, séminaires de rencontre active dans le cas de la mission Martinique), le facilitateur doit savoir amener les acteurs à s’écouter et à se comprendre, il doit arriver à apaiser les esprits si ceux-ci s’échauffent. Des outils méthodologiques existent (règles de temps de parole par exemple), mais c’est aussi une question de savoir-être et de savoir-faire. Le comportement d’ouverture et d’écoute du facilitateur, d’acceptation, de « considération positive inconditionnelle », diffuse petit à petit parmi les acteurs, et permet de « gérer les conflits ».

Ceci étant dit, si le facilitateur doit être en mesure de gérer les conflits, ce n’est pas la raison pour laquelle on fait appel à lui. Gérer ces situations n’est qu’une partie de ses prérogatives. Cette précision me paraît essentielle, mais ne semble pas être faite par les auteurs de l’ouvrage « Faciliter la concertation, à bon processus bon consensus »[6]. En effet, les auteurs expliquent qu’en cas de conflit, les acteurs peuvent faire appel à des « médiateurs professionnels accrédités (parfois appelés facilitateurs, modérateurs ou tiers neutres) ». Ainsi, je ne les rejoins pas sur ce qu’ils appellent les « facilitateurs ». À mes yeux, le facilitateur n’est pas un type de médiateur de conflit. Il m’intéresserait de savoir qui sont ces « facilitateurs » dont ils parlent, et quels sont leurs rôles exactement.

Le cas particulier du « dialogue territorial » : le « médiateur de projet environnemental », un facilitateur stratégique ?

Les références généralistes que j’ai consultées, consacrées à la médiation, ne faisaient état d’aucune médiation spécifique au domaine de la gestion du vivant. Par exemple, le « Que sais-je ? » sur la médiation présente les types de médiations suivants : la « médiation familiale », la « médiation de cohésion sociale », la « médiation du travail », la « médiation dans le secteur public » (médiateur de la République, médiateur de la SNCF, de la RATP ou du CNRS par exemple), la « médiation dans le secteur de l’entreprise », la « médiation dans le domaine de la santé », et enfin la « médiation dans le domaine politique » (politique nationale ou internationale) (Guillaume-Hofnung, 2005, pp. 22-45). La médiation ne concerne jamais spécifiquement, dans cet ouvrage, le vivant, l’environnement ou la nature.

En conséquence, la médiation dont il est question n’a jamais pour objectif une amélioration de la gestion du vivant. D’ailleurs, l’objectif de la médiation est toujours de nouer ou de renouer le « lien social », les relations entre acteurs. Celui de la facilitation, lui, est la gestion du vivant, plus précisément la résolution d’un problème de gestion du vivant, qui nécessite de renouer du lien entre acteurs. Dans le cas de la facilitation, nouer ou renouer du lien entre acteurs est donc davantage un moyen qu’un but en soi. Autrement dit, il semble y avoir une différence entre médiation et facilitation au niveau de la place de la communication : « la médiation remplit une fonction fondamentale de rétablissement ou d’établissement de la communication » (Guillaume-Hofnung, 2005, p. 71), alors que l’établissement, ou le rétablissement, de la communication est essentielle à la facilitation, mais cette dernière ne s’y résume pas.

Doit-on, dès lors et pour ces deux raisons (absence de la médiation dans le domaine du vivant, et considération du lien social comme but en soi ou comme moyen d’améliorer une gestion du vivant), affirmer que médiation et facilitation sont différentes ?

J’ai trouvé, au cours de mes recherches, des écrits particulièrement intéressants au sujet du « dialogue territorial », éclairants sur ce point.

Ce qu’est le « dialogue territorial » : une concertation sans tiers extérieur et / ou une médiation environnementale / territoriale avec tiers extérieur

Commençons par voir comment se définit le « dialogue territorial » :

« Le dialogue territorial est l’ensemble des processus de concertation et de médiation visant à mobiliser les habitants et les groupes organisés d’un territoire en vue de définir des orientations de développement, de gérer des conflits locaux, de mettre en œuvre des projets ou de créer du lien social. » (Guihéneuf et al., 2006, p. 9)[7]

Ces auteurs incluent donc de nombreux processus dans le dialogue territorial, de « concertation » et de « médiation ». En ce qui concerne la « concertation », on peut lire aussi que ce terme peut recouvrir diverses actions : « Un processus de concertation ne comprend pas que des phases de concertation proprement dites et l’on y trouve des opérations d’information, de communication, de consultation, d’échange, de négociation » (Beuret et Cadoret, 2009)[8]. Nous verrons dans le schéma ci-dessous que ces différentes composantes répondent à des objectifs différents (informer, consulter, projeter, décider…).

Mais alors, quelle est la différence entre « concertation » et « médiation » ? Et l’emploi du terme « médiation » dans le dialogue territorial est-il aussi lié au caractère tiers du médiateur, comme dans la définition énoncée précédemment ?

Poursuivant mes lectures, j’ai appris que la concertation est animée par un ou plusieurs des acteurs concernés par le sujet abordé,  tandis que la médiation consiste à recourir à un acteur tiers à la situation (le « médiateur ») :

« La concertation est un processus de dialogue dont le but est de parvenir à des propositions acceptées par toutes les parties impliquées, des orientations ou des projets. Elle ne fait pas intervenir un tiers : l’animateur de la concertation est le plus souvent lui-même impliqué dans le débat, même s’il cherche à préserver une attitude impartiale dans la conduite du débat. » (Guihéneuf et al., 2006, p. 181)

Tandis que :

« La médiation a pour but de mettre d’accord des partenaires sur une perspective commune (médiation de projet) ou de les réconcilier (médiation de conflit). Elle fait appel à un tiers extérieur et neutre qui conduit les débats. […] La médiation peut aboutir à une proposition, à un projet ou à des orientations, parfois aussi à une décision. » (Guihéneuf et al., 2006, pp. 181-182)

Ce qui fait la distinction, c’est donc le caractère extérieur ou non de l’acteur qui intervient. Dans le cas de la médiation, l’intervenant est extérieur à la situation. Dans le cas de la concertation, l’ « animateur » est toujours concerné par la situation.

  • Notons au passage la distinction entre « médiation de projet » et « médiation de conflit ». Cela a éveillé en moi de l’intérêt, car nous avons vu que si le facilitateur stratégique n’était pas un « médiateur » au sens de quelqu’un à qui l’ont fait appel pour résoudre un conflit, peut-être l’est-il au sens de ce « médiateur de projet ». J’y reviendrai ci-dessous.

Le dialogue territorial, ainsi que les relations entre concertation, médiation, et autres composantes du dialogue territorial, sont ainsi schématisés de la façon suivante :

dialogue_territorial_transp

Schéma présentant les relations entre concertation, médiation et négociation au sein du « dialogue territorial » (Fiche « Savoir 1 » de l’association AFIP – Programme Dialog 2008) (AFIP, 2008b)[9]

Le dialogue territorial se compose donc d’une concertation (sans tiers extérieur) et / ou d’une médiation (avec tiers extérieur). Je précise « et / ou » car il peut ne pas y avoir de concertation, mais seulement une négociation doublée d’une médiation.

Cette étude du dialogue territorial m’a donc révélé l’intérêt de comparer cette forme très particulière de médiation avec la facilitation.

  • Notons que cette comparaison ne peut se faire qu’entre le facilitateur stratégique et le « médiateur » du dialogue territorial, et non entre le facilitateur stratégique et l’animateur de la concertation, puisque celui-ci n’était pas « externe » à la situation. Peut-être se place-t-il, dans son intervention, en « tiers », mais je rappelle que mon travail doctoral s’est restreint à la « facilitation externe », c’est-à-dire incarnée par une personne extérieure au territoire. Dans un autre cadre de recherche, il serait néanmoins possible (et je le pense, intéressant), de creuser la comparaison entre cet « animateur de la concertation » et le « facilitateur stratégique interne ».

Je précise enfin qu’il n’existe pas de véritable distinction entre médiation « territoriale » et médiation « environnementale », tel que le précise ce passage : « il me semble difficile de distinguer « médiation territoriale » et « médiation environnementale », car de nombreuses situations locales susceptibles de mobiliser de telles compétences mêlent en fait dimensions territoriales et dimensions environnementales » (Sophie Allain dans : Guihéneuf et al., 2006, p. 21).

La médiation environnementale / territoriale, double : médiation de conflit ou médiation de projet

Nous avons vu qu’au sein de la « médiation » se trouvent, pour les auteurs du dialogue territorial, deux possibilités : « Le dialogue territorial regroupe deux types de situations différentes à la base : soit il vise à élaborer des projets communs et partagés, soit il vise la résolution de situations d’affrontement, de conflits » (AFIP, 2008b).

D’une part, la médiation de conflit se déroule « dans le cas d’un conflit latent ou déclaré entre deux ou plusieurs acteurs (ou groupes d’acteurs) d’un territoire » (Barret et al., 2003). D’autre part, la médiation de projet est définie de la façon suivante :

« Plusieurs acteurs locaux font appel à un tiers extérieur pour les aider à monter un projet commun. Il ne s’agit pas seulement de réaliser une étude, mais surtout d’animer un dialogue entre des secteurs de la population dont les intérêts sont divers, voire opposés. Contrairement à l’animateur d’une concertation, le médiateur n’a pas d’autre rôle que celui de faciliter le dialogue entre les parties et de veiller au respect de tous les intérêts. Il n’a pas d’intérêt direct dans la réalisation du projet, il ne défend pas une position. » (Barret et al., 2003)

Cette définition, troublante dans sa ressemblance avec ma définition du rôle du facilitateur, m’a amenée à vouloir en savoir plus sur ce « médiateur environnemental / territorial de projet », pour le comparer plus avant au facilitateur externe qui m’a occupée dans ma thèse. Nous voyons en effet qu’à la différence de la médiation « généraliste » dont je vous parlais plus tôt, l’objectif ici n’est pas uniquement de nouer ou renouer du lien social, mais de développer des projets de gestion du vivant, ou de résoudre des problèmes de gestion du vivant.

Une description détaillée des compétences du médiateur environnemental, qui amènent à se demander : le médiateur environnemental / territorial (de projet), un facilitateur stratégique ?

La comparaison entre le facilitateur et le médiateur environnemental (ou territorial) de projet (en opposition au médiateur environnemental ou territorial de conflit) a révélé de nombreuses similitudes dans leurs façons d’intervenir. J’en suis alors venus à la conclusion qu’on ne pouvait exclure qu’il s’agissait là d’un rôle équivalent à celui du facilitateur stratégique, simplement nommé différemment. Pour confirmer ou infirmer cela, il faudrait poursuivre la comparaison en complétant mes informations bibliographiques par des rencontres et échanges avec ces médiateurs environnementaux de projets, et éventuellement par des observations de leurs missions.

Les similitudes que j’ai trouvées sont présentées dans le document consultable en cliquant ici

Les points communs entre facilitateur et médiateur environnemental / territorial de projet sont donc nombreux. D’ailleurs, il est intéressant de constater que dans les citations de ce tableau, le verbe « faciliter » est souvent associé à la fonction du médiateur. Plus encore, certains auteurs utilisent indifféremment les termes « médiateur » et « facilitateur » (exemples dans Guihéneuf et al., 2006, p. 63 et p. 64). Cela apparaît aussi dans la citation suivante : « La réflexion collective dont cet ouvrage rend compte met en exergue un acteur particulier, le « médiateur », appelé aussi « facilitateur au dialogue territorial » » (Jacqueline Candau et Claire Ruault dans : Guihéneuf et al., 2006, p. 161).

J’ai donc montré qu’une comparaison bibliographique entre facilitation et médiation environnementale / territoriale renforçait la pertinence de la question : le « médiateur environnemental / territorial de projet », un facilitateur stratégique ? J’ai trouvé beaucoup d’éléments allant dans le sens d’une réponse positive. Pour l’affirmer complètement, il faudrait rencontrer et échanger avec différents de ces « médiateurs » particuliers, voire s’observer mutuellement en situation d’intervention.

J’ajoute pour conclure que la question mériterait aussi des approfondissements en ce qui concerne la « médiation paysagère ». Il s’agit d’une médiation environnementale particulière, qui est appliquée avec l’ « outil paysage ». Je n’ai pas fait ces approfondissements dans ma thèse, puisque mon travail ne traitait pas des outils et méthodes de la facilitation. Ils semblent néanmoins intéressants pour un travail ultérieur.

Elise LEVINSON


[1] Grima (2005), « La médiation dans les relations professionnelles françaises : une relation à trois ? », Gérer et Comprendre, n° 79, mars, pp. 31-40

[2] Avec, comme pour le facilitateur, une question : « Le médiateur peut-il renoncer à ses croyances, à ses attentes, bref, à se désincarner socialement ? Il est difficile de répondre par l’affirmative sans tomber dans l’angélisme apologétique » (Ben Mrad, 2006).

[3] Ben Mrad, F. (2006), « Équité, neutralité, responsabilité. À propos des principes de la médiation », Négociations, 2006/1 n° 5, pp. 51-65, [en ligne], http://www.cairn.info/revue-negociations-2006-1-page-51.htm (Consulté le 15 mai 2013)

[4] Volckrick, E. (2007), « Intervenir en tiers aujourd’hui », Négociations, 2007/1 n° 7, pp. 75-88, [en ligne], http://www.cairn.info/revue-negociations-2007-1-page-75.htm (Consulté le 13 mai 2013)

[5] Guillaume-Hofnung, M. (2005), La médiation, Que sais-je ?, 3e édition, Presses Universitaires de France, Paris

[6] Susskind, L., Duzert, Y., Pekar Lempereur, A. (2009), Faciliter la concertation. A bon processus, bon consensus, Groupe Eyrolles, Paris

[7] Guihéneuf, P.Y., Cauchoix, F., Barret, P., Cayre, P. (ouvrage collectif coordonné par) (2006), La formation au dialogue territorial. Quelques clés issues d’une réflexion collective, Educagri éditions, Dijon

[8] Beuret, J.E. et Cadoret, A. (2009), « Une gouvernance territoriale endogène de l’environnement : contours et enjeux », 3èmes journées de recherche en sciences sociales INRA SFER CIRAD, 9, 10 & 11 décembre 2009, Montpellier

[9] AFIP (Association de Formation et d’Information Pour le développement d’initiatives rurales) (2008b), Histoire du dialogue territorial, fiche Savoirs 1, Programme Dialog 2008, [en ligne], http://afip.asso.fr/spip.php?article226 (Consulté le 17 janvier 2014)

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